Ma toute récente reprise d'activité bloguesque ne m'aura pas permis de livrer les coups de coeur musicaux que m'a réservés l'année 2008, pourtant riche.
Dans mon intention de laisser cet espace être le fidèle compagnon de mes goûts musicaux, multiples et changeants, une retrospective s'imposait naturellement en cette fin d'année imminente.
Et parce que TF1 n'a pas le monopole des classements inutiles, j'y vais de mon propre essai.
10. Take That - The Circus

J'aurais dû être britannique. Alors que notre chère hexagone reste étrangement imperméable, Take That inonde insolement les tracks d'outre-manche avec ce nouvel effort après leur reformation surprise en 2005 (sans Robbie).
Que dire d'autre ? Si ce n'est que Take That s'affranchit définitivement de l'étiquette boys-band qu'on leur avait injustement collé au sortir des années 90. Les compositions de Gary Barlow font toujours mouche et les tubes s'alignent. Très calibré certes, c'est néanmoins à mon sens le meilleur produit de la pop FM britannique ces dernières années.
A retenir : The Circus - The Garden - Greatest Day
9. Carpark North - Grateful

Voici donc le troisième album du trio danois. Sorti en septembre, je croise encore les doigts pour que cet album soit enfin celui qui les lancera sur la scène internationale, où ils y ont au moins autant leur place que tous ces groupes éphémères.
L'album donc : peu de surprises, le groupe préserve ces acquis. Des compos solides, up-tempo sur des bases éléctro., des riffs tonitruants et des morceaux taillés pour des stades. Des ballades éparses pour délayer, avec moins de succès.
Moins surprenant donc, l'efficacité prime dans la majorité des titres. Dans ces meilleurs moments, Grateful retranscrit parfaitement le savoir-faire du groupe : "La force d'AC/DC, la musicalité de Jean Michel Jarre". Un peu pompeux, mais c'est le groupe lui-même qui le dit et on les croirait presque.
A retenir : Cancer - Leave My Place - Save Me from Myself
8. Portishead - Third

Attention, album sombre, sombre, sombre...
Difficile de plonger dans les expérimentations de Portishead, fer de lance du mouvement musical trip-hop. D'autant plus difficile que 10 ans ont passés depuis leur dernier album, que d'autres groupes (Hooverphonic) ont repris le genre.
Et ce retour, ultra-attendu, fantasmé même. La première écoute effraye : métallique, sombre, l'album étouffe l'auditeur.
Et le temps passant, le travail et l'évolution du groupe se fait jour : A petites doses, les morceaux obsèdent par leur rigueur et le refus de concessions. Et "We Carry On" s'élève comme un des titres majeurs de 2008, tous genres confondus.
A retenir : We Carry On - Nylon Smile - The Rip
7. Shearwater - Rook

Sombre, toujours. Mais Rook, loin d'être obscur, recèle de vrais moments de lueur.
Jamais longtemps, néanmoins. Le temps d'un violon qui s'élance, d'un glockenspiel qui sonne. C'est là, la vraie force de Shearwater avec cette album : avoir livré une instrumentation complexe, ténue, progressive à laquelle participe la voix du chanteur.
Complexe et court (38 minutes), idéal pour une écoute attentive, assoupi, dans le noir.
A retenir : Home Life - The Snow Leopard - On the Death of the Waters
6. TV on the Radio - Dear Science

Dur, dur de résumer Dear Science.
Dans sa variété (aucun morceau ne se ressemble), l'album distille une intensité de tous les instants. Aucun temps mort, des titres comme "Lover's Day" ou "DLZ" joue sur une progression mélodique assez addictive. La diversité, maître-mot du groupe, donne l'illusion de se retrouver devant une compilations d'hommages à des artistes comme Arcade Fire, Bowie, Radiohead, Prince...
Malgré tout, l'essentiel des titres fait mouche. D'où l'intérêt de conserver une trace de cet album ici.
A retenir : Halfway Home - Golden Age - Lover's Day
5. Emilana Torrini - Me and Armini

Elle a bien fait, l'Islandaise, de s'affranchir du style trip-hop de son premier album et de conserver une approche folky pour ce 3ème essai. D'une part, on a un disque plus honnête et d'autre part, elle supprime une fois pour toute la tentation de voir en elle une simple "Bjork-bis". Un oeil sur la pochette suffit d'ailleurs à s'en convaincre : posée et classique, là où Bjork dans ses délires visuels posait déguisée en bouteille d'Orangina Rouge.
La simplicité sied bien à Emiliana : ses compositions, douces, alternent entre mélancolie de l'enfance, langueurs estivales. Néanmoins, le temps de 2 titres (Gun et Dead Gun), le panorama s'élargit. Une introduction aux futures expérimentations d'un 4ème album, peut-être plus sombre ?
A retenir : Jungle Drum - Beggar's Prayer - Fireheads
4. M83 - Saturday = Youth

Seul français de cette sélection, le compositeur qui se cache derrière l'obscur pseudo "M83" est un artiste auquel je suis fidèle depuis quelques albums déjà. Ce 5ème (!!!) est finalement le plus accessible : la volonté a clairement été de livrer des compositions plus posées, d'une structure plus traditionnelle, avec des chants plus présents. Dans le même temps, l'album se pare de sonorités 80's assez imparables, notamment sur des titres comme "Kim & Jessie" ou "We Own the Sky".
A retenir : We own the Sky - Kim & Jessie
3. Guillemots - Red

Cet album aura été vécu par beaucoup de fans comme une trahison du groupe au style unique qu'ils avaient développés dans leur premier album. Cette 3ème place augure que je ne suis pas de ceux-ci : au contraire, Red est une formidable collection de titres majoritairement up-tempo, entre pop délurée, rock 80's et même R'n B (avec le titre Big Dog). Dans ses terrains musicaux archi-balisés, Guillemots s'éclate à dynamiter les conventions, à disperser ses mélodies dans d'incroyables directions. Un deuxième labum particulièrement excitant et éclatant, qu'importe ce qu'en disent les autres.
A retenir : Kriss kross - Clarion - Don't Look Down
2. Sigur Ros - Med Sud I Eyrum Vid Spilum Endalaust

Ne dites rien, j'en suis moi-même le premier surpris. Mais, force est de constater qu'aussi agréable soit la livraison estivale de mon groupe préféré, la première marche me semble acquise à un autre album majeur, qui restera pour sa part le son que je retiendrais de 2008.
Pourtant, Sigur Ros ne démérite pas avec cette collection de morceaux, entre un renouveau plus pop (un Goobledigook dansant, enivrant, hédoniste) et une reprise des fondamentaux. Sans lassitude toutefois et toujours forts d'expérimentations nouvelles dans la structure des titres ou dans l'instrumentation : Ara Batur, orchestral, en est la meilleure preuve.
A retenir : Fljotavik - Festival - Goobledigook
1. MGMT - Oracular Spectacular

Les voilà, eux qui ont su détrôner les indétronables avec ce premier album-révélation qui aura définitivement marqué 2008.
MGMT se permet ici d'être l'incarnation parfaite du groupe hype, nouvelle trouvaille de la scène indie, qui se permet de dominer les charts et d'inonder les dance-floors. La faute à leur style inimitable, patchwork d'influences diverses, à leur groove imparable (impossible de résister à Kids ou Electric Feel) et à leur psychédélisme ravageur.
Bref, THE bombe de l'année. Prions que le deuxième album soit à la hauteur de ce glorieux ainé.
A retenir : Kids - The Handshake - Weekend Wars - Electric Feel

Les voilà, eux qui ont su détrôner les indétronables avec ce premier album-révélation qui aura définitivement marqué 2008.
MGMT se permet ici d'être l'incarnation parfaite du groupe hype, nouvelle trouvaille de la scène indie, qui se permet de dominer les charts et d'inonder les dance-floors. La faute à leur style inimitable, patchwork d'influences diverses, à leur groove imparable (impossible de résister à Kids ou Electric Feel) et à leur psychédélisme ravageur.
Bref, THE bombe de l'année. Prions que le deuxième album soit à la hauteur de ce glorieux ainé.
A retenir : Kids - The Handshake - Weekend Wars - Electric Feel